L'histoire de Pi

L'histoire de Pi

Yann Martel

Language: French

Pages: 255

ISBN: 2892613671

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


S’il avait continué de vivre dans le jardin botanique de Pondichéry, en Inde, où son père s’occupait du zoo, Pi Patel aurait eu une vie plutôt heureuse, mais ses parents ont un jour décidé de quitter le pays pour venir s’installer à Toronto, emportant avec eux quelques animaux. Leur bateau fait naufrage, et Pi se voit obligé de vivre, pendant 227 jours, dans la promiscuité d’un énorme tigre du Bengale. Survivra-t-il à cette aventure? Au cours de sa longue dérive, on apprend qu’il n’y a pas de démarcation nette entre nature et culture, qu’on peut «dialoguer» avec les animaux et que le salut passe par l’ingéniosité et le courage, tout autant que par la religion ; Pi tire en effet sa sagesse et son savoir des religions musulmane, chrétienne et hindoue.

Né en Espagne en 1963 de parents québécois, Yann Martel vit en Saskatchewan. Il a résidé dans de nombreux pays et a étudié la philosophie aux universités Trent et Concordia. Il a publié un recueil de nouvelles, Paul en Finlande (1993), et trois romans, Self (1998), L’histoire de Pi (2001) et Béatrice et Virgile (2010). L’histoire de Pi a connu un succès planétaire : tiré à plus de sept millions d’exemplaires, traduit en plus de quarante langues, couronné, en 2002, du Man Booker Prize.

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Allons donc, monsieur Patel, c’est trop difficile à croire! – Trop difficile à croire? Qu’est-ce que vous savez de ce qui est difficile à croire? Vous voulez des choses difficiles à croire? Je vais vous donner des choses difficiles à croire. C’est un secret de Polichinelle parmi les directeurs de zoo de l’Inde qu’en 1971, Bara, une ourse polaire, s’est échappée du zoo de Calcutta. On n’en a plus jamais entendu parler, ni par la police, ni par les chasseurs, ni par les braconniers, ni par qui que

chaque pouce de ses intestins. Il prépara même ses parties génitales. Quand il en eut fini avec son torse, il passa aux bras et aux épaules et à sa jambe. Maman et moi étions secoués d’horreur et de douleur. Maman hurla au cuisinier: “Comment pouvez-vous faire cela, espèce de monstre? Où est votre humanité? N’avez-vous donc aucune décence? Qu’est-ce que ce pauvre garçon vous avait fait? Monstre! Monstre!” Le cuisinier lui répondit avec une incroyable vulgarité. » “Couvrez-lui au moins le visage,

gravement l’imam. – Nos dieux… ou bien des dieux coloniaux», jeta le pandit. On aurait difficilement pu dire quel regard était le plus enflammé. Il ne paraissait pas impossible qu’ils en viennent aux coups. Papa leva les mains. «Messieurs, messieurs, s’il vous plaît! lança-t-il. Je tiens à vous rappeler que nous jouissons dans ce pays de la liberté de culte.» Trois visages convulsés se tournèrent vers lui. «Oui, culte, au singulier!» s’écrièrent les trois sages à l’unisson. Et trois index,

mon dos contre le mât. J’aimais la légère élévation que je gagnais en m’asseyant sur le gilet de sauvetage additionnel. Je n’étais guère plus haut par rapport à la mer que je ne l’aurais été d’un plancher assis sur un épais coussin; mais quand même, j’espérais ne pas trop me mouiller. Je pris plaisir à mon repas en contemplant le soleil descendre à l’horizon dans un ciel sans nuages. C’était un moment de détente. La voûte du monde avait des teintes magnifiques. Les étoiles avaient hâte d’entrer

particulièrement sensible; le fait de frotter accidentellement une plaie ouverte était si douloureux que j’en perdais le souffle et poussais des cris. Naturellement, ces furoncles se développaient sur les parties de mon corps qui étaient le plus souvent mouillées et qui étaient les plus exposées au contact avec le radeau, c’est-à-dire les fesses. Il y avait des journées où j’avais peine à trouver une position qui me permît de me reposer. Le temps et le soleil guérissaient une blessure, mais cela

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